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Alexandrin

Employé pour la première fois dans le Roman d’Alexandre, paru vers 1150, ce vers français compte douze syllabes. Son rythme repose sur les règles de l’accentuation et de la césure — qui constitue une pause après la sixième syllabe et sépare le vers en deux demi-vers, ou hémistiches.
Chaque hémistiche possède un accent fixe sur la dernière syllabe, et un accent secondaire mobile. On appelle tétramètre un alexandrin dont le rythme est 3 + 3 + 3 + 3 (ex. 1), trimètre, ou vers romantique, un vers dont le rythme est 4 + 4 + 4 et où la césure disparaît (ex. 2). Certains rythmes sont parfaitement remarquables : 1 + 5 + 4 + 2 (ex. 3). Parfois les accents secondaires, par leur multiplication, l’emportent en intensité sur la césure (ex. 4).

Exemples
1. Et de longs corbillards sans tambour ni musique
(Charles Baudelaire, les Fleurs du mal, «Spleen».)
2. Et ces nuits-là, je suis dans l’ombre comme un mort.
(Albert Samain, Au jardin de l’infante.)
3. Valse mélancolique et langoureux vertige
(Charles Baudelaire, les Fleurs du mal, «Harmonie du soir».)
4. Hé ! mon Dieu ! nos Français, si souvent redressés,
Ne prendront-ils jamais un air de gens sensés ?
(Molière, les Fâcheux, acte II, sc. 1.)

Commentaire
L’alexandrin est le vers de la grande poésie lyrique et de l’épopée. Il apporte ampleur et solennité à l’expression selon les coupes (pauses qui suivent les accents) choisies par le poète.

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