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ABSOLU

ABSOLU (lat. absolutus, séparé de, achevé).

  • Adj. Ce qui existe en soi et par soi. La substance par rapport à l’accident. Opposé à relatif.
  • Subst. L’être existant par lui-même. Dieu, étant cause de soi, possède l’être par soi : Il est Infini. Existant nécessairement et non de façon contingente. Il est l’être parfait.
  • Crit. Ce qu’est la chose en elle-même, quelle que soit la manière dont nous nous la représentons : la chose en soi selon Kant, par opposition au phénomène.
    Qui ne comporte aucune restriction ou réserve, qui est valable pour tous et en tous temps. S’oppose à relatif. Ce qui est absolu n’est pas considéré comme un rapport à autre chose.

En latin, absolutus désigne ce qui est achevé et parfait. L’absolu n’admet pas de restriction ou d’exception, c’est un phénomène total et clos. On parlera par exemple de pouvoir absolu lorsque ce dernier s’exerce sans partage, ou bien d’amour absolu quand il est exclusif et inconditionnel. En mathématiques, on rencontre aussi ce terme lorsqu’on invoque un nombre dont la valeur est toujours positive, il s’agit alors de ce que l’on appelle une « valeur absolue », identique pour un réel et pour son opposé.
La métaphysique s’est emparée du concept en l’opposant au relatif, c’est-à-dire à tout ce qui n’existe pas en soi et pour soi mais qui renvoie nécessairement à autre chose que lui-même. Par exemple, il n’y a pas de distance absolue, en ce sens que toute distance est toujours et déjà relative à une autre, plus ou moins grande. Dans cette perspective, une réflexion sur l’absolu comme substantif et non comme simple adjectif fait surgir une double question : y a-t-il un Être absolu qui ne dépend d’aucun autre ? Et y a-t-il, derrière les phénomènes que nous percevons, des réalités absolues indépendantes et irréductibles à la connaissance que nous en avons ? La première interrogation relève de la théologie, puisque l’absolu, considéré sous ce rapport, implique un être divin : Dieu serait la substance absolue, parfaite et éternelle qui n’a besoin de rien d’autre que soi pour être. En tant que tel, il serait donc incréé et créateur. La seconde question pose un problème épistémologique en suggérant un mode de l’être auquel nous n’avons pas accès compte tenu de la limite interne de notre pouvoir de connaître.

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